DESCRIPTION ET APPEL

Le Musicien japonais en France

ou

Les Rapports France-Japon dans le monde musical entre 1900 et 2010

Dès l’ouverture de Meiji, à la fin du XIXe siècle, la formation des musiciens japonais a été soumise aux contraintes culturelles et politiques des pays occidentaux. Tenu de choisir entre l’enseignement européen, dominé principalement par les écoles germaniques et françaises, ou l’enseignement influencé par les Etats-Unis d’Amérique, le musicien japonais a parfois dû se former au péril de sa propre identité culturelle. Pour autant, les artistes japonais semblent avoir préservé l’ontologie de leur musique tout en ayant assimilé certaines caractéristiques des cultures occidentales. Inversement, assez tôt au XXe siècle, des musiciens européens ont trouvé dans la culture japonaise des sources d’inspiration qui ont pu régénérer un discours musical qui paraissait s’étioler entre les luttes dogmatiques et l’épuisement de leur société. Les relations entretenues entre les musiciens japonais et la France dans ce contexte seront l’objet de ces premières journées d’études qui se tiendront au Conservatoire de Paris (CNSMDP).

Annonce

Colloque international « Le musicien japonais en France ou les rapports France-Japon dans le monde musical », Aix-Marseille Université, Université Paris Sorbonne, INA-GRM et le Conservatoire de Paris (CNSMDP), les 4, 5, 6 février 2016

Dès l’ouverture de Meiji, à la fin du XIXe siècle, la formation des musiciens japonais a été soumise aux contraintes culturelles et politiques des pays occidentaux. Tenu de choisir entre l’enseignement européen, dominé principalement par les écoles germaniques et françaises, ou l’enseignement influencé par les Etats-Unis d’Amérique, le musicien japonais a parfois dû se former au péril de sa propre identité culturelle. Pour autant, les artistes japonais semblent avoir préservé l’ontologie de leur musique tout en ayant assimilé certaines caractéristiques des cultures occidentales. Inversement, assez tôt au XXe siècle, des musiciens européens ont trouvé dans la culture japonaise des sources d’inspiration qui ont pu régénérer un discours musical qui paraissait s’étioler entre les luttes dogmatiques et l’épuisement de leur société. Les relations entretenues entre les musiciens japonais et la France dans ce contexte seront l’objet de ces premières journées d’études qui se tiendront au Conservatoire de Paris (CNSMDP). Un deuxième colloque se tiendra au Japon (Kunitachi, College of Music, Tokyo, les 13 et 14 mai 2017) et abordera l’impact des cultures occidentales sur la composition, l’interprétation, l’enseignement et la vie musicale japonaise, ainsi que l’impact de la découverte de la culture japonaise sur les musiciens occidentaux. Un troisième colloque sera organisé au Canada qui traitera des influences réciproques entre le Japon et l’Amérique du Nord (Canada, U.S.A.) au XXe et XXIe siècle.

Lors du premier colloque organisé en France, nous souhaitons aborder l’influence du monde musical français (institutions musicales, compositeurs et interprètes) sur les musiciens japonais de Meiji à nos jours. Nous proposons d’aborder quatre axes importants qui structurent l’histoire des relations musicales entre la France et le Japon :

– Composition et création musicale

– Interprétation

– Musicologie

– Pédagogie

En venant en France, les musiciens japonais cherchent-ils seulement à acquérir un savoir-faire musical spécifique ? Pour quelles raisons un(e) jeune musicien(ne) japonais(e) choisit-il (elle) la France pour parfaire son éducation musicale ? Existe-t-il des spécificités compositionnelles proprement françaises, un savoir-faire national ? Quels rôles jouent nos grandes institutions musicales dans cet attrait ? Ces questions sont à poser dans l’ensemble des domaines nommés ci-dessus et doivent permettre de mieux cerner les fils qui relient nos histoires. Dans ce premier colloque, le regard sera surtout porté sur les raisons d’un tel attrait de la musique française sur les japonais et les traces qu’elles ont laissées, sans pour autant négliger l’impact qu’ont pu avoir, en retour, les musiciens japonais.

Chaque axe est lui-même décliné en quelques orientations qui serviront de fil conducteur à l’organisation de ces quatre premières journées.

a) La composition et création musicale :

– influences de la musique française sur la musique japonaise ;

– entre le signe musical et la pensée musicale

– rôle du professeur de composition ;

– influences des courants esthétiques ;

– influences des institutions contemporaines (GRM, IRCAM, etc.)

– centres de création

– pourquoi venir étudier la composition en France ?

b) Interprétation

– influences des grands maîtres, des grands interprètes

– influences expressives ou le mythe d’une école française

– influence d’une école de direction d’orchestre à la française

– rôles des concours

– technique et analyse musicale

– interprétation de la musique de chambre

c) Musicologie

– l’influence de la musicologie française de Maurice Emmanuel à nos jours

– quels regards sur le patrimoine musical français

– une méthodologie française

– les échanges musicologiques France-Japon

d) Pédagogies

– influences de modèles pédagogiques français sur les pédagogies japonaises

– influences des institutions musicales françaises sur les institutions japonaises

– la place et le rôle des étudiants japonais dans les institutions musicales françaises

– quelle formation académique pour quel professionnel de la musique

– les pédagogies musicales France-Japon : regards croisés

– influence de la pédagogie de la formation musicale, de la composition, de l’interprétation sur les musiciens japonais